L’atelier orthopédique: Les besoins criants

La région forestière

La Région Forestière est l’une des quatre régions naturelles de la  République de Guinée, avec une superficie de 46’530 km2 et une population de 940’000 habitants. La région est très isolée, accessible depuis la capitale Conakry uniquement par une route qui se trouve en mauvais état depuis de nombreuses années. La distance Conakry – Macenta est d’environ 800 km, qui se fait en 1,5 jour.

Le service de réhabilitation

Le service de réhabilitation au Centre Médical de Macenta a été initié en 1983 par le premier médecin expatrié de la MPA, Dr Jean-François Nicolet, pour les patients lépreux mutilés. Il a recruté M. Paul Béavogui, qui est toujours le chef de ce service. Au début, le travail se concentrait sur la production de sandales à partir de pneus usés. En 1985, Paul a fait une formation pratique de 3 mois à Ganta (Libéria). De décembre 1987 à juin 1988, Paul a ensuite suivi une formation théorique et pratique d’orthoprothésiste à l’institut Marchoux et au CRHP (Centre de Rééducation pour handicapés physiques) à Bamako (Mali).

Pendant l’absence de Paul, l’atelier orthopédique a été construit (voir photo) . Au retour de Paul de Bamako, la production de prothèses a réellement démarré. Gbago Béavogui, assistant de Paul depuis 1989, a pu suivre une formation avec Handicap International en 1999 à N’Zérékoré. Depuis environ 15 ans, le service fonctionne de façon relativement autonome (sans expertise externe). En janvier 2014, Gbago Béavogui, l’assistant et successeur désigné de Paul Béavogui, est décédé de façon complètement inattendue.

Parallèlement à l’atelier orthopédique, la MPA a mis sur pied un service de physiothérapie depuis 1985. De 1994 à 2010, ce service a été soutenu par Mme Käthi Huber, physiothérapeute diplômée suisse. Les deux agents actuels de ce service, M. Cécé Soropogui et Lavilé Povogui, ont été formé par Handicap International.

La situation actuelle

L’atelier orthopédique est le seul en Guinée Forestière, et actuellement aussi le seul dans toute la Guinée qui soit réellement fonctionnel. Même l’atelier orthopédique de l’Hôpital National Donka à Conakry n’est pas vraiment fonctionnel. Les patients viennent donc souvent d’assez loin, même en dehors de la Guinée.

Les anciens malades de la lèpre représentent toujours environ 50% des patients vus. En 2014, 21 prothèses ont été construites ou réparées. En plus, l’atelier produit des béquilles en bois et toute une série d’orthèses, de corsets, d’attelles etc.

Tous les patients vus sont référés en interne soit par la consultation externe, soit par la chirurgie/hospitalisation lèpre-chirurgie, soit par le service de physiothérapie avec lequel l’atelier collabore étroitement. Après une amputation, on prévoit l’adaptation d’une prothèse temporaire environ 3-4 semaines plus tard. Ensuite, le patient réapprend à marcher petit à petit, avec un suivi par les kinésithérapeutes et à l’atelier orthopédique. L’adaptation du moignon pendant cette période est fréquemment associée à des problèmes de plaies ou de douleurs. Parfois, une hospitalisation ou même une nouvelle intervention chirurgicale sont nécessaires. L’adaptation de la prothèse définitive ne peut avoir lieu qu’après ce processus qui dure au minimum 6 mois.

Tous ces équipements ont plus de 15 ans d’âge. En cas de panne, il n’existe actuellement pas de scénario pour la réparation ou le remplacement de ces appareils essentiels.

Le rêve pour les handicapées en Guinée

La population cible de ce projet sont les patients souffrant d’un handicap physique (toutes les étiologies), qui sont estimé à 9000 personnes, dont environ 236 enfants naissant avec des pieds bots chaque année.

Les soins en appareillages ortho prothétiques nécessite une prise en charge globale du patient qui va au-delà de l’appareillage. Quelques besoins et services complémentaires à prévoir pour une prise en charge optimale du patient, comme un service de kinésithérapie.

Le projet prévoit :

  • Un atelier orthopédique équipé avec deux techniciens orthopédiste formés.
  • Équiper le service kinésithérapie existante
  • Formation de deux techniciens orthopédiste.

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