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Historique de notre ONG
  
L’histoire de Solidarité Protestante remonte au-delà de  la constitution de l'Église Protestante Unie de Belgique.
Le prédécesseur de notre église, la Fédération des Églises Protestantes de Belgique avait constitué une Commission ‘Entraide et Coopération’, et le besoin d’une structure indépendante pour le travail  des églises dans les pays en voie de développement donna lieu, en 1977, à la constitution de l'ASBL ‘Solidarité et Entraide’. Les statuts, parus dans le Moniteur belge du 17 novembre 1977, définissaient le but de la nouvelle association entre autres comme ‘ la participation à des œuvres sociales, scolaires ou médicales de pays en voie de développement’. Parmi les membres fondateurs figuraient le premier président, le pasteur Hugo Vandewalle, le secrétaire Gilbert Auquière, Paul Van Sichem, Marcel Bernard, Jean Couvreur, le pasteur A. Pieters, et deux ‘expats’, le Néerlandais M. K. van Dijk et le pasteur Suisse André Vogel. L’assemblée générale consiste en ces personnes, qui admettent immédiatement le pasteur Léon Rocteur, Frank Rooze, Jean Houtman et Marina Overdulve comme membres associés.

Deux années plus tard, l'Église Protestante Unie de Belgique voit la lumière. La jeune ASBL est intégrée dans la nouvelle structure. A côté de deux commissions, la commission missionnaire et la commission Église et coopération au Développement, Entraide et Coopération fonctionne comme outil pour les projets de la nouvelle église. La Constitution de l'EPUB prescrit que l’assemblée générale de l'ASBL seront dorénavant les membres du Conseil Synodal, assistés par des délégués des deux commissions mentionnées. Les actions menées étaient à cette époque de taille modeste : il s’agissait d’initiatives sur fonds propres, financées par des contributions de paroisse et de fidèles individuels.

Mais très vite, le défi de jouer un rôle de plus grande importance, à côté des plus grandes ‘organisations non- gouvernementales’ surgissant à cette époque, est relevé Sous la direction d’un ‘administrateur délégué’, Pieter Bouman, une employée est engagée en 1981 (Anke Hortensius-Tijmstra). Cela permet un suivi sérieux des premiers petits projets. Une autorisation pour la délivrance d’attestations fiscales est obtenue, ce qui permettait de développer la collecte de fonds. Le nouveau président de l’association, Maurice Wagendorp, dirige les actions, surtout sur proposition de la Commission Église et Coopération au Développement,. En 1984, l’assemblée générale décide de modifier le nom de l'ASBL, et il est publié dans le Moniteur Belge du 25 juillet 1985, en soulignant la volonté d’agir dans le pays entier, Flandre aussi bien que Wallonie et Bruxelles : Solidarité Protestante- Protestantse Solidariteit. Ce n’est qu’ à partir de ce moment que le caractère spécifiquement protestant se déclare, accompagné de la volonté de devenir un acteur remarqué sur la scène belge  des ONG.

Après la disparition prématurée du président Wagendorp, en 1986, Marc Lombart reprend le flambeau. Un des premiers documents qu’il se voit contraint de signer est la démission de l’employée : il s’avère en effet impossible de financer  un salaire sur base de la structure des entrées de l’association. Le problème était déjà connu : c’est celui du cercle vicieux de développer des actions engendrant des revenus pour le fonctionnement, alors que du personnel qualifié est indispensable pour l’élaboration de ces actions. Les revenus de Solidarité Protestante provenait principalement de collectes et de dons de personnes privées, sur lequel 3% était retenu pour les frais de fonctionnement, ce qui ne permettait pas de payer un salaire. L’assemblée synodale avait, déjà en 1984,  demandé au conseil synodal de créer la fonction de ‘responsable diaconal’, mais de fortes résistances existaient contre cette idée Certains soutenaient que le travail de l’ONG au sein de l’EPUB devait être presté par des bénévoles, éventuellement avec l’aide d’une force administrative à temps partiel (deux jours par semaine). Les déficits étaient supportés par l’EPUB ; il s’agissait après tout d’une ‘commission’ au sein de l’église…

Mais le déficit de 1985 est de 100.000 Francs environ, et le déficit cumulé atteint 855.000 francs. Le système selon lequel Solidarité Protestante ‘gère les dossiers pour le compte de l’EPUB’ peut encore difficilement être maintenu. L’église protestante des Pays-Bas proposait de prendre la moitié de la perte à charge, mais il semblait indélicat de ne pas apurer les déficits antérieurs avant d’accepter cette offre. Trois assemblées générales au cours de cette année 1985 ne parviennent pas à une solution solide. La secrétaire doit être licenciée pour limiter le déficit. L’assemblée synodale de 1986 réitère la demande d’un poste subsidié pour Solidarité Protestante, avec comme toile de fond la concurrence qui commençait à se dessiner avec les ‘grandes’ ONG professionnelles. La seule solution semble être l’engagement d’une personne qualifiée, qui pourrait préparer et introduire des projets auprès des autorités, ce qui engendrait aussi des subsides pour le fonctionnement, y compris salaires. L’espoir était que l’association pourrait à terme s’autofinancer, ce qui résoudrait le problème des déficits croissants à supporter par l’EPUB.

La réorganisation inévitable se met en place. L’église met à disposition, à temps partiel, un pasteur qui connaît bien le travail de l’ONG (il y travaille déjà comme bénévole en dehors de sa fonction) : André Vogel. Provisoirement son temps partiel consiste en deux jours par semaine, et seulement ses frais sont payés. Mais l’investissement est rentable. Un projet d’adduction d’eau au Burundi (Butare et Kigarama) est subsidié par la DGCD (Direction générale  de la Coopération au Développement, gouvernement belge), une autre adduction au Kivu (Burahungu) est approuvée, un projet de reboisement au Burundi (Kankuzo) est à l’étude ainsi qu’un projet de lutte contre la lèpre en Inde, en collaboration avec la Mission Évangélique contre la Lèpre. On espère également de relancer l’envoi de la famille belge Coulon au Rwanda ; cette famille, envoyée auparavant par une mission Suisse, était de retour en Belgique depuis quelques années. Solidarité Protestante se faisait membre du Consortium des ONG belges, de la CNCD et de la NCOS (coupoles francophones et néerlandophone des organisations de développement), de Coprogram … Des actions dans le cadre d’aide d’urgence furent  organisées pour aider les sinistrés au Mexique et en Éthiopie, pour lesquels les dons affluaient généreusement (plus de 5,8 millions francs, sur un total de dons de 8,2 millions).

En 1986, le montant des subsides AGCD atteignait 9.631.241 francs, par rapport aux 3.937.820 francs de l’année précédente. Ce développement vertigineux rendait les administrateurs plus qu’optimistes : le budget prévu de subsides AGCD pour 1987 était de 23.607.704 francs ; la part destinée au fonctionnement de l’organisation passerait ainsi de 480.000 à 992.000 francs. André Vogel entreprend, en février-mars 1987 un voyage aux projets du Rwanda, Burundi et au Kivu. Des projets d’urgence pour l’Afrique du Sud, le Cameroun, l’Ecuador sont mis en chantier. On était sur la bonne voie, et la faillite que certains craignaient était évitée. Mais tous les problèmes n’étaient pas résolus. Les églises Hollandaise et Suisse devaient encore aider pour combler les comptes, l’EPUB devait encore prêter main forte en ce qui concernait l’administration, la comptabilité et l’établissement des attestations fiscales. On était conscient que l’effort sur le plan de la sensibilisation et l’information du public Belge était insuffisant (ou était-ce une tâche de la Commission Église et Coopération au Développement ?) . Et les engagements qui se développaient avec des partenaires étrangers suscitaient des questions : garantissaient-ils une bonne gestion ? Devaient-ils rendre compte à un synode ou autre instance d’une église ? L’assemblée synodale de 1986 avait déjà émis des réserves quant à la collaboration avec des partenaires inconnus à cette époque, comme Action Aid, Icco, Mission Évangélique contre la Lèpre. Et un peu floue restait également la relation entre l’ONG qui devenait en quelque sorte indépendante comme organisation agrée par le gouvernement, et les commissions qui avaient été les parrains jusqu’à cette période-là. Les projets n’étaient plus proposés par la Commission Église et Coopération au Développement, par exemple, mais avaient une logique propre. La commission soutenait, sur fonds de l’EPUB, des actions d’aide à l'Église Pentecôtiste au Congo, ou de droits des Indiens au Paraguay (en collaboration avec l’église anglicane locale), et les chemins semblaient se séparer de plus en plus.

La tension entre les exigences croissantes de la DGCD sur le plan technique et les moyens limités de la petite ONG n’est pas difficile à résoudre. L’insécurité au Burundi rend la poursuite des actions dans ce pays provisoirement impossible. Une demande subsides pour des bourses d’étude pour étudiants du Tiers Monde est refusée. Et l’assemblée synodale de 1988 pose des questions sur ‘la discrépance entre le budget et la réalité’…L’optimisme se serait-il installé trop tôt ?  Aurait-on visé trop haut ?

L’année 1988 voit l’arrivée, aux côtés d’André Vogel, d’un deuxième expert, lui aussi bénévole. Robert Heldenbergh vient de clôturer une carrière comme agronome, surtout au Congo, et veut mettre son expérience au service de Solidarité Protestante. Sa collaboration sera précieuse, puisque la nouvelle réglementation que le  nouveau Ministère (et non plus secrétariat d’état) de la Coopération au Développement veut mettre en place emmènera une professionnalisation inévitable du travail des ONG. Sans bénévoles, où pourrait l’organisation trouver moyen d’engager des experts ?

A côté de Robert Heldenbergh, la présence flamande est renforcée (et à raison) par la nomination en tant que président de l’ASBL, de Fernand Vrijdag, en 1989. Au cours de cette même année, on peut constater que la ‘masse critique’ de rentabilité est atteinte : les projets atteignent un montant de 20 millions, ce qui rend possible d’organiser une administration adéquate, sur base des pourcentages prélevés autorisés à cet effet. Les projets réalisés sont à situer dans le domaine de la sécurité alimentaire : adductions d’eau, encadrement agricole, pisciculture, élevage de porcs (au Togo). La lutte contre la lèpre continue , avec la MEL. Diverses actions d’urgence  sont également menées.

Pendant l’année 1990, l’église organise une grande campagne d’aide d’urgence en faveur de la Roumanie, à laquelle Solidarité Protestante donne son appui logistique.

La tendance vers une concentration des ONG, et donc de la constitution de plus grandes organisations, se poursuit. Pour la première fois, Solidarité Protestante introduit un projet auprès de la Commission Européenne, dans l’espoir de pouvoir évoluer et grandir, de pouvoir devenir un acteur sur une autre échelle. Mais sans résultat… Dans le même esprit, un centre de coordination pour l’Afrique Centrale est mis sur pied et Daniel Roland, membre de l’assemblée générale, est envoyé en 1991 au Rwanda comme coopérant, afin de réaliser cette antenne locale. Les efforts semblent porter fruit : Solidarité Protestante est reconnue cette même année comme Organisation Non Gouvernementale pour l’aide au développement, par le gouvernement belge, dans le cadre de la nouvelle réglementation sur les subventions de l’aide indirecte au développement (80 des 242 demandes d’agréation furent honorées).

L’année 1992 voit une consolidation de la situation de l’ONG. Les subsides de la DGCD sont de presque douze millions de francs, la NCOS (coupole flamande des ONG de développement, dont SP faisait partie) verse environ deux millions ; parmi les autres bailleurs il faut mentionner la commune de Meise (où le président Vrijdag est actif) pour 128.781 francs. Les dons privés dépassent pour la première fois les cinq millions. A côté de Karine une deuxième personne peut être engagée, à mi-temps (Henri Sinnaghel). Dans ses actions, Solidarité Protestante propose pour la première fois un projet en Amérique Latine : Caminos, dans une banlieue de la capitale uruguayenne Montevideo. Il s’agit d’aide sociale et médicale, à côté de formation professionnelle. Pour le reste l’accent reste sur la sécurité alimentaire, y compris les adductions d’eau, surtout en Afrique Centrale. Au Togo, un orphelinat est soutenu et en Inde les actions en collaboration avec la Mission Evangélique contre la Lèpre continuent.

L’équipe de Solidarité Protestante  a en 1993 l’occasion de se pencher sur d’autres soucis que ceux de financement urgent ou de survie. Ainsi elle peut se permettre le luxe d’une journée entière de réflexion (le samedi 27/03), pendant lequel l’état des choses , le futur, les problèmes rencontrés, la répartition des tâches au sein de l’association,… sont débattus. Aussi les relations entre SP, qui est après tout un service de l’EPUB, et les différentes commissions et districts de cette église passent la revue. Surtout la collaboration avec la Commission Coopération et Développement ne peut pas être négligée. Cette commission s’était à cette époque engagée avec le Conseil Oecuménique du Mozambique, qui craignait des besoins d’aide d’urgence vu la guerre civile dans ce pays. Un autre projet de cette commission était financé par des dons de membres d’église : il s’agissait d’un programme de formation, de santé et de promotion de l’artisanat au Guatemala.
Une autre initiative se situait sur le plan de l’information, sur lequel on aurait voulu faire quelque chose depuis longtemps. La publication ‘Info’ de l’EPUB contenait désormais en annexe ‘Info-Solidarité’. Dans ce petit bulletin paraissent entre autres les nouvelles de Kigali de Daniel Roland Les premiers contacts avec la Coforwa (Compagnons Fontainiers Rwandais, animé par le Père Bourguet) datent de cette époque.

La plus grande tranche du budget est utilisé dans des projets au Rwanda ; la raison est le partenariat entre l’EPUB et l’EPR (Église Presbytérienne du Rwanda). Dans le cadre  du grand programme Eurostep lancé par la Commission Européenne, un grand projet d’adductions d’eau dans ce pays est introduit ; les attentes sont grandes, jusqu’au moment où le Rwanda est radié comme pays bénéficiaire…

Les membres de l’équipe, qui compte maintenant, bénévoles compris, neuf personnes, introduisent cependant aussi des projets dans les pays limitrophes du Rwanda. Pour la première fois des projets en collaboration avec ADRA (Adventist Development and Relief Agency) au Burundi sont introduits. Mais la guerre civile qui a éclaté dans ce pays bloque l’initiative ; la DGCD gèle toute décision.
En République Démocratique du Congo trois projets sont à l’étude : adduction d’eau à Bukavu et Goma (Congo de l’Est), cooperations en Bandundu (centre-ouest), et formation agricole au Shaba (sud).
A côté des projets au Sud, l’aide d’urgence pour l’Albanie, où les besoins étaient énormes après la chute du régime communiste, est soutenue activement.

Un thème nouveau, un besoin reconnu nouveau, est depuis 1994 la lutte contre le Sida. La première action dans ce domaine se déroule dans le continent le plus touché par cette maladie, mais pas en Afrique sub-saharienne où l’on ne reconnaît pas encore l’ampleur du danger de l’épidémie. C’est au Maroc que le projet de SP démarre : ‘Casa Sida’ veut sensibiliser et diriger les personnes à risque vers un dépistage encore très méfié, et cela dans les grandes villes du royaume maghrébin.
Le Burundi n’est pas encore accessible pour les organisations de développement ou d’aide. Le Rwanda connaît l’horreur du génocide que nous connaissons tous désormais. Info-Solidarité en parle beaucoup, Daniel Roland témoigne des évènements depuis Kigali. Son antenne venait d’être reconnue comme projet, et il était en train de chercher des collaborateurs à engager… Comme presque tous les coopérants il est obligé de rentrer.

La situation financière souffre de ces péripéties. Bien que la DGCD accorde presque 24 millions en 1994 pour les projets (et 10% pour le fonctionnement), les comptes à la fin de l’année montrent une perte de 657.915 francs. Le bilan déclare un patrimoine ‘négatif’.

Mais l’espoir quant à la reprise de l’aide au développement dans le troisième pays des grands lacs, le Congo (encore Zaïre), renaît. Un projet est proposé au gouvernement belge pour le Shaba. C’est un soutien à un centre de Santé des adventistes à Songa, pour lequel une ambulance, des  médicaments et du matériel seraient prévus. L’attention se tourne vers ce pays immense où les besoins sont énormes. Un projet est lancé, en 1995, en Bandundu, à Karawa Loko (élevage et artisanat). Et à Lubumbashi une antenne est crée afin de pouvoir suivre de plus près l’évolution de la situation, et afin d’avoir un rédacteur de projets et un évaluateur sur place. L’homme de Solidarité Protestante sur place est l’ingénieur Naasson Nsabimana, qui avait travaillé auparavant pour l’EPR au Rwanda, et qui avait été président de Solidarité Rwanda.

Que l’équipe de la petite ONG ne veut pas se laisser décourager est exprimé par André Vogel dans son commentaire au rapport annuel de 1995, où il cite Taciturne : ‘ Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. ’ Un coopérant de retour du Burundi propose à SP un projet de réconciliation, afin d’aider la population de remonter la pente de l’espoir. Il s’agit de formation agricole et artisanale avec la partenaire Association des Scouts Burundais. Des machines à écrire et des appareils photographiques sont récoltés et envoyés.  Daniel Roland ne retourne pas au Rwanda, pays encore beaucoup trop instable, et il est engagé par SP, ce qui porte le nombre de personnel salarié à 2,5. Daniel devient adjoint aux projets et  commence le travail de mise en place d’une comptabilité plus performante. 

Un projet de micro-crédits en Inde (Rewari), proposé par l’église d’Uccle, est pris en considération. Solidarité Protestante deviendra pour ce projet, comme pour des projets de la Commission Église et Développement, un intermédiaire entre les groupes de base actifs et en contact avec leur partenaire au Sud, et les projets sur le terrain. C’était notamment le cas pour les projets du Guatemala, et de l’Afrique du Sud (Sadwu, le syndicat des employés de maison). Les projets de Caminos  et de Coforwa de leur côté bénéficiaient d’une enveloppe à part (90% de subsidié) dans le cadre de la nouvelle réglementation du ‘subside global’. Beaucoup d’activité donc , mais une fois de plus les annales mentionnent le besoin de  plus de réflexion sur le caractère spécifique du travail, sur son inspiration, le sentiment de ne pas assez communiquer. La recherche de partenaires fiables, avec qui par exemple introduire des projets auprès de la Commission Européenne, afin de pouvoir faire façe à la professionnalisation requise, reste un thème qui revient régulièrement.

Le plus grand tournant dans l’histoire de Solidarité Protestante peut se situer en 1996. C’est au courant de cette année que Robert Heldenbergh et Daniel Roland se rendent au Shaba pour les projets en cours. Lorsqu’ils sont de passage à Kinshasa, ils apprennent que la Belgique veut relancer l’aide au Zaïre, et qu’un projet de grande envergure est envisagé. Ils entrent  également en contact avec la Direction des Œuvres Médicales de l'église du Christ au Congo (qui unit la plupart des dénominations protestantes du pays).  La coïncidence bénite de ces deux évènements aboutit dans un programme grandiose pour Solidarité Protestante. La DOM gérait 54 zones de santé ruraux dans le pays (qui comprennent des centres de santé locaux et un hôpital central), et cherchait du soutien pour gérer ces zones. Le gouvernement belge autorisait à Solidarité Protestante le soutien subsidié de bien treize de ces zones, ce qui était un défi considérable. L’accent avait été jusque là sur la sécurité alimentaire et le développement social, et maintenant un grand programme de santé publique se présentait…
Une troisième coïncidence faisait que Eric Jehin retournait en Belgique après avoir servi pendant douze ans pour la Mission Évangélique contre la Lèpre en Indonésie. Il était diplômé en santé publique tropicale, et il était intéressé. Il accepta de se lancer dans le programme, et était engagé. Un deuxième volet, celui de la Santé, s’ajoutait aux activités de Solidarité Protestante.

Depuis lors Solidarité Protestante a continué de se développer et gère actuellement des programmes de lutte contre le SIDA, la tuberculose et la lèpre dans plusieurs pays d'Afrique.
Elle mène également des interventions de réhabilitation post urgence et divers projets d'envergure plus modeste.
Un volet d'éducation et de sensibilisation en Belgique est venu s'ajouter aux différentes actions menées dans les pays du sud.